Michel Ohayon : " Les Girondins doivent détenir leur stade "

04/04/2006

Dans un entretien, complet à lire ci-après, Michel OHAYON, PDG de FIB, et notamment celui qui a fait renaître le Grand Hôtel de Bordeaux, affirmeque les Girondins devraient devoir détenir leur stade et, bien que s'en défandant mollement, a des projets pour le club : 

Je reste persuadé qu’un club à l’histoire et à l’image de celui de Bordeaux doit détenir un actif de poids, à savoir son stade. Je plaide pour une enceinte sportive couverte, agrémentée d’équipements commerciaux, de lieux de restauration… un lieu qui réconcilie le foot avec la famille, un lieu qui pourrait accueillir de la musique, comme un zénith.

Quand on sait que l’homme va souvent au bout de ses idées… Affaire à suivre.

Entretien complet avec Michel Ohayon, PDG de FIB (Financière immobilière bordelaise)

 “ Je ne crois qu’aux projets, pas aux biens ”

Promoteur, investisseur en immobilier commercial, producteur de cinéma… Michel Ohayon, PDG de FIB (Financière immobilière bordelaise), à la tête d’une vingtaine de SCI, ne manque pas de cordes à son arc. Avant de se lancer dans la finance, un de ses objectifs de 2006, il est en train de créer une chaîne de palaces. Il regorge d’idées sur le développement commercial de Bordeaux, planche discrètement sur un projet d’équipement sportif et commercial autour du football et des Girondins de Bordeaux. Le Petit Déjeuner interactif d’Objectif Aquitaine, qui se déroulait dans les salons de l’Hôtel Mercure Cité mondiale devant un auditoire captivé, était pour Michel Ohayon l’occasion de parler, sans détour, de tous ses projets. 

Son parcours :

“Ce n’est pas simple de parler de son parcours personnel. Ce que je peux dire, c’est que la chance a souvent été un facteur déterminant dans ce parcours. Finalement, après un échec en première année de médecine, au lieu de devenir dentiste, j’ai débuté dans le prêt-à-porter. Mais dans les années 90, au moment de l’effondrement du marché de l’immobilier, je me suis intéressé à ce secteur.”

Pendant que son épouse s’occupe du textile, Michel Ohayon s’occupe des murs. En n’achetant “que des affaires qui n’étaient pas à vendre”, il constitue rapidement un patrimoine immobilier important. “Le secret en immobilier, c’est d’acheter un projet, pas un bien... Pour moi, la réussite passe par l’activité de promoteur.”

« Des permis de construire en panne à Bordeaux ! »

Les projets bordelais en cours : Michel Ohayon a fait part à l’auditoire de son agacement concernant certains des grands projets qu’il conduit au centre de Bordeaux :

Deux immeubles de centre-ville, rue Porte-Dijeaux et cours de l’Intendance, sont actuellement en panne parce que l’architecte des Bâtiments de France semble avoir égaré deux dossiers transmis par l’architecte le 23 décembre dernier ! Un service compétent dans ce domaine, ce n’est pas deux personnes, mais vingt. Et, sérieusement, deux ans pour obtenir un permis de construire, c’est trop long… Sincèrement, dans ces conditions, je n’ai plus trop envie de déposer d’autres demandes de permis de construire.

Et de s’étonner de la non-réactivité de la municipalité sur les deux dossiers en panne de permis :

La mairie a la possibilité de délivrer un permis tacite… mais elle ne l’a pas fait. Résultat, nous avions déjà, pour l’immeuble de la rue Porte-Dijeaux et du cours de l’Intendance, deux grandes marques (dont Massimo Duty, marque de l’enseigne espagnole Zara) qui devaient s’installer. Mais elles ne le feront pas, parce que les contrats ont été cassés à cause des délais. Nous avons actuellement deux enseignes, Adidas et Esprit (1.800 mètres carrés de surface chacune), qui ont l’intention d’installer des boutiques formidables… mais qui craignent d’être, elles aussi, hors délais. C’est d’autant plus regrettable que nous avons un cours de l’Intendance minéral, certes, mais magnifique, qui n’attend plus qu’une locomotive commerciale pour son animation. Encore faut-il nous donner les moyens d’attirer cette locomotive.

« Vers une chaîne de palaces »

Le Grand Hôtel de Bordeaux :

C’est de loin le projet qui me touche le plus. Je n’ai jamais raisonné finances avec le Grand Hôtel. C’est un projet de longue haleine, que mes banquiers ont très bien compris. C’est le seul projet de création de palace que la France ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale, et je trouve que sept ans pour boucler ce dossier, finalement, c’est peu. Honnêtement, une opération de cœur de ville de cette ampleur à Bordeaux, aujourd’hui, ce serait impossible à monter.

Mais grâce à un tempo quasi parfait entre le chantier du tramway, l’aménagement de la place de la Comédie et le chantier du futur palace, le Grand Hôtel de Bordeaux devrait être livré en décembre de cette année. “L’ensemble devrait être ouvert au public au cours du premier trimestre 2007.

Un ensemble qui comptera un hôtel de 150 chambres, dont 30 suites, occupant 25 % de la surface de l’ensemble immobilier qui comptera un spa, 3 bars, un restaurant gastronomique, une brasserie, une boîte de nuit et 20 boutiques. “L’essentiel de cet équipement est dévolu aux espaces de rencontres, d’échange. Si tout le monde ne peut fréquenter un palace, tout le monde peut avoir accès aux espaces commerciaux, aux lieux de fête. Au final, le Grand Hôtel de Bordeaux sera un outil exceptionnel sur un site qui est un véritable bijou.” Un outil qui devrait employer tous les jours près de 300 personnes. L’hôtel, géré par le groupe Radisson, va entamer sa première campagne avec, aux cuisines, un chef prestigieux, Yves Matagne, actuellement en poste dans les cuisines du Radisson de Bruxelles mais qui piaffe d’impatience à l’idée de bousculer la gastronomie réputée du Sud-Ouest. Associée aux résultats du palace, de ses boutiques et de ses activités ludiques, la FIB entame un projet dont le Grand Hôtel est le point de départ. “Je veux créer une chaîne du même type. Nous avons été retenus à Strasbourg et nous allons créer un deuxième Radisson à Toulouse.

« Bordeaux manque d’un vrai outil de promotion de l’investissement privé ! »


L’investissement privé à Bordeaux :

 

 

Si l’on part du postulat que 1 euro investi par les collectivités dans les projets urbains doit découler sur 7 ou 8 euros d’investissement privé, on peut estimer que Bordeaux devrait profiter de 7 ou 8 Md€ d’investissements privés… On n’en est pas là. Pour accompagner le superbe projet urbain de Bordeaux, il manque un vrai outil de promotion de la ville. Repérer le foncier potentiel, prévoir un urbanisme qui laisse de la place aux investisseurs privés, voilà ce que doit faire une ville comme Bordeaux pour encourager tout type d’activité qui participe de son développement !

Les projets industriels et le cinéma :

En matière d’immobilier, je m’attends à une crise. Je ne sais pas quand, ni sa puissance, mais elle va venir, je m’y prépare. Aussi je pense que ma carrière à venir passe par les finances et la reprise d’entreprises qui n’ont rien à voir avec l’immobilier. Nous regardons un peu partout en Europe, nous sommes sur plusieurs dossiers, dont un devrait aboutir dans l’année 2006.

En attendant, Michel Ohayon s’est lancé dans la production cinématographique.

Nous travaillons sur deux films, ″Barbès Hill″, une satire de l’immobilier, ça ne s’invente pas… et ″Reality Show″, dont le casting est en cours et le tournage programmé. Ce qui m’intéresse dans le cinéma, ce n’est pas tant les rendements financiers que le fait qu’une œuvre, quelle qu’elle soit, s’inscrive dans la durée, laisse une trace. Un film, quand vous le produisez, il est à vous pour toujours.

L’auditorium de Bordeaux :

Nous avons eu une mauvaise surprise en démontant un mur, nous avons trouvé de l’amiante que nous n’attendions pas. Mais nous respecterons les 32 mois d’engagement de livraison prévus au départ. Ce projet est un reliquat d’un vieux projet personnel qui avait échoué et qui devait faire de l’actuel Fémina un auditorium privé comme il en existe beaucoup. Concernant l’auditorium de Bordeaux, la mairie a souhaité acheter, ce n’était pas mon idée de départ…

79e au classement des fortunes professionnelles françaises :

Quand on se lève un matin dans cette position au classement, la seule chose à laquelle on pense c’est : ″Quand aura lieu le contrôle fiscal ?″ Et d’ailleurs, il arrive très vite ! Ce type de classement, très contestable sur le fond, apporte plus de désagrément que d’avantages.

Un projet commercial et sportif secret ?

Bien qu’il s’en défende sourire en coin et… mollement, il semble bien que Michel Ohayon ait dans ses cartons un projet ambitieux à suggérer aux dirigeants du Football Club des Girondins de Bordeaux.

“Je reste persuadé qu’un club à l’histoire et à l’image de celui de Bordeaux doit détenir un actif de poids, à savoir son stade. Je plaide pour une enceinte sportive couverte, agrémentée d’équipements commerciaux, de lieux de restauration… un lieu qui réconcilie le foot avec la famille, un lieu qui pourrait accueillir de la musique, comme un zénith.”

Quand on sait que l’homme va souvent au bout de ses idées… Affaire à suivre.

Source : Objectif Aquitaine

Commentaires (1)

1. Florent Daniel 30/05/2010

IL NE FAUT PAS S'EGARER DU SUJET
UN NOUVEAU STADE OUI
MAIS QU'IL SOIT MULTIFONCTION POUR UNE BONNE RENTABILITE
LA VRAI SOLUTION UN STADE DONT LA TOITURE PUISSE SE COUVRIR TOTALEMENT ET LA ON POURRA ESPERER A FAIRE VENIR DES ANIMATIONS INTERNATIONALES A L'INTERIEUR ET UNE VRAIE RENTABILITE POUR LES FINANCES DE TOUS LES AQUITAINS.

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