F. BOLOTNY : " Le championnat le plus télédépendant d'Europe "

Déc.2007

Voici un article fort intéressant sur les enjeux des stades en France, et sur les objectifs probables.

Article Libération :

L'enjeu du stade 

Les clubs de L1 sont à la recherche de nouvelles recettes.


Ah, le pipeline de bière qui alimente le stade de Schalke 04 (Allemagne) et écoule 66 000 litres chaque jour de match... Ah, les 250 buvettes de l'Emirates Stadium d'Arsenal, les 7 000 dîners VIP servis par un chef étoilé à Old Trafford, terrain de jeu de Manchester United. Les présidents des clubs de Ligue 1 lorgnent les stades des voisins avec les yeux humides. Et au moment de faire la caisse du stade, tous les lundis matin, les comptes sont cruels : les matchs de Ligue 1 (billetterie et restauration) rapportent cinq fois moins qu'une journée moyenne de Premier League anglaise. Dans la Veltins Arena de Schalke, La Mecque du consumérisme pour supporteur, le public vient trois heures avant le match, dépense 8 euros dans les buvettes (contre 1 euro en moyenne en France) et peut placer ses bambins dans des garderies.

Avec ses enceintes vétustes, la France est à l'âge de pierre du foot business, qui ne jure plus que par le stade «centre de profit». Cette situation explique en partie pourquoi les clubs s'écharpent avec tant de passion autour des droits télé. «La faiblesse des "recettes stade" fait de la France le pays le plus télédépendant des gros championnats d'Europe, à l'exception de l'Italie», affirme Frédéric Bolotny, du Centre de droit et d'économie du sport de Limoges.

Pour combler le retard, les projets de stades fourmillent : au Mans, à Lille, Valenciennes, Strasbourg ou Lyon. Une formation de stadium manager, dispensée par le Centre de droit et d'économie du sport, a même été lancée cette année. «On remplace le gardien de stade par un chef de projets», s'amuse Olivier Monna, un de ses responsables. En attendant, voici comment certains patrons de club rêvent de transformer la citrouille en carrosse.


Etape 1: se débarrasser de son vieux stade municipal


La grande majorité des clubs français sont locataires de stades publics et payent un loyer pour l'exploitation de l'enceinte les soirs de match. Las, la plupart des stades sont vieux, et/ou inadaptés. «La Coupe du monde 1998 n'a pas permis la remise à neuf», estime François Hilbrandt, consultant chez Ineum, qui livre chaque année une analyse des finances du foot européen. «L'accent a été mis sur la sécurité, mais la France a raté le virage du stade troisième génération, qui est un centre de profit.» Pour 1998, la France n'a dépensé «que» 600 millions d'euros, dont 420 pour le seul Stade de France (qui n'a pas de club résident). A l'occasion du Mondial 2006, les Allemands ont lâché 1,5 milliard d'euros pour la construction ou la rénovation de 12 stades... dont 11 profitent à un club résident.

Pis, en France, le caractère public du stade empêche les clubs d'améliorer l'outil. D'autant, explique Stéphane Pottier, délégué général de l'Association européenne des stadium managers (Esma), que «la sphère publique ne souhaite logiquement pas financer des évolutions axées vers le profit commercial des clubs, comme les loges». Résultat : certains clubs portent leur stade comme un boulet. «Sur 16 500 places, notre stade n'en a que 6 000 couvertes et 4 000 sont des places debout, derrière des grilles, pas couvertes. Donc pas vendables», se désole Fabrice Favetto, directeur général du Mans, quatrième du championnat de France... mais dont les recettes les jours de matchs sont parmi les plus faibles (6,5 millions d'euros par an). En Ligue 1, outre Auxerre, propriétaire de sa champêtre enceinte, seul le RC Lens (via un bail emphytéotique de cinquante ans) se sent chez lui dans son stade. Ce qui lui permet de lancer (bientôt) un programme de rénovation, et de rentabiliser Bollaert en accueillant des manifestations extra-sportives comme... le congrès annuel des témoins de Jéhovah.

 

Etape 2 : faire construire un stade flambant neuf


Les présidents français se rêvent tous propriétaires d'un stade moderne, comme la plupart des clubs anglais. Le hic, c'est que c'est cher. Lyon, fort de sa levée de capitaux en Bourse, pourra se le permettre. Pour les autres, le modèle n'est guère réaliste. Les stades, dont les standards de confort ne cessent d'augmenter, coûtent de plus en plus cher. Et ce que les clubs ne peuvent financer sur fonds privé, le public ne souhaite pas le faire non plus. Du coup, la mode est au financement croisé public-privé.

A Lille, le futur stade sera réalisé en partenariat public-privé (le privé prend en charge la construction et l'exploitation pendant trente ans). Au Mans, la nouvelle enceinte devra être financée au moins à 30 % par un acteur privé, qui sera aussi exploitant. Pour adoucir la douloureuse, l'enceinte portera le nom de MMA. L'assureur versera 10 millions sur dix ans en contrepartie. C'est le premier cas de naming en France, une pratique venue des Etats-Unis, que préconisait le rapport de Me Jean-Baptiste Guillot sur la compétitivité des clubs, remis au ministère des Sports l'an passé. Pour son futur stade, l'OL attend 5 à 10 millions d'euros par an du futur contrat de naming.


Etape 3 : changer de public


Faire dégringoler du cash des tribunes de son nouveau stade-centre-de-profits, cela suppose que le public en ait (du cash). Xavier Thuilot, directeur général du Losc, compte attirer un nouveau public dans le futur stade lillois : «Des familles, des gens qui veulent aller voir un match comme on va au spectacle, et qui ont des moyens. Le football est une activité économique, le match est un produit. J'ai eu l'occasion de le dire à nos ultras. Eux, quand ils vont à Manchester, ils sont déçus. Ils trouvent qu'il ne se passe rien. Mais Manchester fait autant de recettes en un match à domicile que le Losc en une saison ! Je leur ai dit : "Ce que vous payez, ça permet simplement au club de financer la sécurité pour vous encadrer»

Les nouveaux projets visent aussi à multiplier les prestations pour happy few : le nouveau stade du Mans comptera 1 800 places avec prestations associées (cocktails, dîners), contre 800 aujourd'hui. Le stade de Lyon comptera plus de 6 000 business-seats. Ça rapporte! Et tant pis si ça fait jaser. Au Bayern Munich, les ultras se sont récemment empoignés avec la direction, protestant contre les loges VIP qui plombent l'ambiance du stade, désormais «pire que celle d'un enterrement». Réponse de la direction : «C'est grâce aux VIP que vous pouvez voir Franck Ribéry pour 7 euros.» Le stade du futur, c'est aussi le stade terminal de l'ultra.

Commentaires (2)

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2. Robert 28/12/2011


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